jeudi 27 novembre 2014

Le kiosque

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Depuis le mois de juin, un beau kiosque tout neuf a été construit sur la place de la gare, qui fait aussi office de Place du marché.

C’est vrai que c’est utile : le “relais” de la gare est fermé depuis longtemps.

Avant sur la place il y avait une librairie-journaux et une papeterie. La papeterie a fermé quand le propriétaire a pris sa retraite.

La librairie-journaux a été vendue, une partie rachetée par une banque (il n’y a que 4  banques sur la place), l’autre partie un petit couloir magasin est resté pour vendre uniquement des journaux, mais il a fermé ses portes aussi.

Bref, un kiosque, c’est une bonne idée. Je me disais que même si je ne lis que sur la kindle ou sur Internet, j’irai de temps en temps, histoire de faire marcher les petits commerces.

Mais tout l’été, il y a eu une pancarte : la société MediaTruc cherche un kiosquier, perspective d’avenir, blabla…

Retour de vacances : toujours rien : les affiches lumineuses défilent, une camionnette vient les changer régulièrement. Début septembre l’affiche change : le kiosque ouvrira mi-octobre. C’est vague, mais c’est mieux que rien.

Fin novembre, la pancarte a été enlevée. C’est sûr que plus personne ne va croire aux promesses !

Que se passe t-il ? A t-on construit un kiosque sans faire d’étude de marché, sans être sur de pouvoir l’ouvrir ?

Il y a du chômage et personne ne veut être kiosquier ? Ou alors on leur demande BAC + 12 ?

Certes ce n’est pas un métier merveilleux, mais il y a le café de Gillou juste à côté. Gillou se fera un plaisir de lui apporter son café le matin, son repas le midi. Les mercredis et dimanche, c’est animé avec le marché, il y a les taxis qui font leur pause, les clients du tabac, un kiosque ça fait de l’animation, et il y aura toujours des gens qui auront envie de papoter avec le kiosquier.

Les kiosques sont peut-être démodés, inutiles, que sais-je ? Mais alors pourquoi la ville a t-elle décidé de le construire ?

Moi j’attends l’ouverture avec impatience, je vous tiens au courant !

mercredi 26 novembre 2014

Surveillance

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Quand j’étais petite, dès que nous quittions l’appartement, Martine nous disait de “bien nous tenir” dans l’escalier et autres parties communes de l’immeuble.
Interdiction de faire du bruit, de se disputer, de dévaler l’escalier en courant. Et bien entendu on dit “bonjour madame, bonjour monsieur” quand on croise un voisin.

Le fait d’avoir déménagé plus tard dans une maison n’a guère changé les règles de base, à savoir bien se tenir, ne pas se faire remarquer en public.

La règle paraît logique, elle relève du bon sens et de la politesse, je l’ai inculquée également à mes filles, avec des résultats plus ou moins satisfaisant en ce qui concerne Artémis et le nombre de décibels. De ce côté elle n’a guère changé, elle n’a aucun scrupule à faire une esclandre si elle s’estime dans son bon droit !

Lorsqu’elle étaient petites j’évitais également les “leçons” publiques, je parais au plus pressé : cesse de te rouler dans le pot de confiture que tu viens de casser dans le rayon (je blague bien sûr).
La leçon de morale se fera plus tard à la maison entre quatre yeux : il ne faut pas faire ça pour telle et telle raison.

J’avoue que j’ai toujours agi de même avec mon conjoint : pudeur de ma part sans doute, je ne vis pas dans une télé réalité !
Pour moi les règlements de compte se font en privé. Bien sûr ça ne veut pas dire qu’il faut tout accepter sous prétexte qu’on est dans la rue : tu m’as claqué la portière de la voiture sur le pied… Mais le reste, le fond du problème peut attendre !

Revenons-en au sujet principal, la surveillance des enfants. Comme vous le savez j’ai grandi dans une ville bien comme il faut.

Et si il y une chose que je n’ai jamais comprise chez les bécébégé, c’est bien leur manque de surveillance des enfants en public !

Camomille (qui a pourtant été élevée par Martine, z’avez qu’à suivre) n’échappe pas à cette règle !
Certes ses enfants ont appris à dire “bonjour Madame” mais quand ils étaient petits, c’était du pur Ville Natale.
Heureusement en grandissant ils savent se tenir, étrange !

La scène se déroule toujours pour la même raison : un jour je vois deux dames qui parlent devant chez le coiffeur. L’enfant d’une des deux donne de grands coups de pied dans la vitrine sous l’œil outré de la coiffeuse. La mère ne réagit pas et continue à parler tranquillement. 

Ce genre de scène se produit tous les jours. Les caissières des supermarchés se feront un plaisir de vous en parler. Les enfants ne sont ni surveillés, ni réprimandés.

Autre exemple très courant. La belle-sœur  de Camomille qui a 4 enfants. Oui toujours beaucoup d’enfants dans ces familles.

Je me souviens d’une communion où nous sommes arrivés en avance pour la messe. Madame papotait et le petit courait partout dans l’église, escaladait les bancs, hurlait, rentrait dans le confessionnal. Le prêtre lançait des regards courroucés au gamin et des appels muets à la mère qu n’était pas concernée le moins du monde.

Pour des gens qui vont à la messe tous les dimanches, le gamin n’avait même pas le respect du lieu de culte ! 

Petite, on m’aurait emmené dans n’importe quel temple, j’aurais été très intimidée.

Plus tard, même scénario : nous sommes à table, dans un très beau restaurant, le style petit château. Le petit monstre va jouer dans le jardin, rapporte dans la salle de restaurant des branches d’arbres et des grosses pierres sous l’œil outré des serveurs. La mère ne bougera pas la moité d’une fesse de tout le repas. Le petit troisième de Camomille fait des bêtises aussi mais moins graves.
Oui quand on multiplie le nombre d’enfants bécébégé, ça devient dur à vivre !

Les seules mères à se lever régulièrement sont les mères “normales” c’est à dire Servane et moi-même.
Je reviendrai sur les pères, ce n’est pas le sujet.

Je n’ai jamais compris vous dis-je ! Et pourtant j’ai cherché des explications, je ne devrai pas d’ailleurs, on s’en fout ! 

Comment des gens pour qui le paraître est si important peuvent accepter que leur enfant ai un tel comportement ?

Est-ce parce que, quand on fait des “mondanités” (je l’ai dit cela arrive surtout quand ces dames parlent) on ne peut pas s’interrompre pour réprimander l’affreux ?

Est-ce parce qu’on espère qu’en ne réagissant pas, la faute passera inaperçue (il faudrait être aveugle et sourd) !

Est-ce parce que ces dames sont habitués aux “dîners sans enfants” donc quand elles papotent elles oublient qu’elles ont des enfants ?

Par peur de l’esclandre ? Je l’ai dit, on est pas obligée de faire une grande scène pour calmer un petit monstre !

Nous sommes tous différents ! Alors pourquoi les bécébégés ont-elles toute ce comportement ?
Leur mère leur a dit : quand en public tu seras, ton enfant tu oublieras !

J’ai souvent eu envie de prendre à part une mère de ce genre et de lui dire :

Pourquoi vous ne réagissez pas ? Cela ne vous gêne pas que votre enfant se comporte aussi mal ? Vous ne lui donnez donc pas d’éducation ? Vous ne lui avez pas appris à bien se tenir en public ?

Mais bon vu que les seules dames ce genre que je côtoie de près sont des relations de Camomille, ma question m’attirera les pires ennuis !

Parenthèse : que font les pères bécébégé au repas de communion ? Pas grand chose ! Inutile d’espérer qu’ils vont pallier les insuffisances de ces dames.
Dans les couples normaux avec une mère normale et un père normal, les deux s’occupent du petit.

Je peux vous citer mon vécu en matière de repas de famille : Benjamin, non pour des raisons sociales, mais parce qu’il était bien à table, ne s’est jamais levé pour une dispute des filles, un “maman pipi” ou autre urgence.
Cependant si mes filles s’étaient mal comporté comme les petits monstres, il n’aurait pas manqué de me demander d’intervenir, non mais ! Comme vous voyez il n’était pas bécébégé ! Chacun participe à sa façon !

vendredi 21 novembre 2014

Réflexions#3

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Quand je vois des femmes se maquiller dans le train, je me dis toujours qu’elles ne doivent pas avoir de salle de bains chez elles.

Et j’ai du mal à comprendre cette impudeur.

Le matin quand j’arrive à Paris, je croise une jeune fille. Elle doit habiter le quartier et se rend à la gare que je viens de quitter. Je l’appelle la fille orange. Elle est assez forte et toujours bien habillée avec des tons orange. Manteau orange, ou manteau beige avec écharpe orange. Selon l’endroit où je la croise je sais si je suis en avance, en retard, pile à l’heure.

J’ai raté la photo du mois. Ce n’était pas volontaire mais c’est un acte manqué. Les thèmes m’inspiraient de moins en moins et je n’aime pas les contraintes.

Et puis comme d’habitude, ça n’apporte pas de nouveaux lecteurs, ce qui serait bien, mais beaucoup de spams, ce qui est moins bien.

Je me demande si la télé réalité n’est pas une façon déguisée d’autoriser, voire d’encourager à dire du mal de son prochain en toute impunité. Souvenez-vous le premier loft, la pièce où l’on disait du mal des autres, s’appelait “confessionnal”.
Des prêtres se sont insurgés contre cette dénomination : nous n’avons déjà pas bonne presse, alors si on nomme ainsi une pièce où on vient dire du mal des autres !

La dénomination a disparu pour de bons par la suite.
Mais vous êtes autorisés à critiquer vos hôtes dans la salle de bains ou la chambre d’hôtes, vos copines dans le dressing, et plus vous osez plus vous faites monter l’audimat.

J’ai oublié un mot dans le langage désuet de Martine, je l’ai rajouté dans le billet : pommes chips.

Les fausses économies aux toilettes : papier tellement mince qu’on en prend deux fois plus, chasse d’eau avec très peu d’eau, du coup on l’actionne deux fois.

Quand j’étais jeune fille, Martine disait à ses filles : c’est bien de passer beaucoup de temps dans la salle de bains à vous faire belles ! Parce que, lorsque vous serez mariées, il en restera toujours quelque chose, vous aurez moins de temps, mais il en restera quelque chose.
“mariées” sous entend bien sûr : enfants, famille à gérer.

Cela ne me choquait pas à l’époque, mais j’imagine la tronche de mes filles si je leur disais la même chose ! Elles me répondraient aussi sec :
- ça prouve bien qu’avoir des gosses, c’est la fin de la vie !

jeudi 20 novembre 2014

Narcisse

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J’appelle souvent Artémis : Narcisse. Elle me fait rire avec sa façon d’adorer les miroirs. D’ailleurs elle le dit elle-même, je suis narcissique.

Quand mes filles étaient petites, je leur racontais des histoires de la mythologie grecque. C’est la raison pour laquelle elles ont toutes les deux des surnoms (et pseudos bloguesques) tirés de la mythologie.

Un jour elles ont fait un test sur Face de bouc, quelle déesse te correspond, Athéna est tombée sur Athéna et Artémis sur Artémis. J’ai choisi des surnoms qui leur vont comme des gants. 

Je me souviens qu’un jour, du temps où Jérémy habitait encore Petite Colline et Artémis chez sa maman. Il passait du temps au téléphone, et à un moment, Jérémy dit à sa chérie : tu fais quoi là ? Tu te regardes dans la glace ? Bien vu.

Cela dit, je taquine, je taquine, mais je préfère cent fois cela à des complexes inventés.

Il y a une période Narcisse, je dis aussi souvent : oui à cet âge là on est égocentrique, mais ce n’est pas la même chose. Cette période a été plus courte pour Athéna et peut-être moins flagrane.

J’ai honte de le dire, en fait non je m’en moque, mais j’ai été Narcisse il y a quelques années. Camomille riait en regardant une photo d’Athéna posant en bikini au bord de la piscine et me la montrait : ça ne te rappelle rien ? La même 20 ans plus tôt ?
Il est vrai que quand on aime la photo, commence bien souvent par être d’un côté de l’objectif… Avant de préférer l’autre côté !

Mais ce n’est pas du tout dans ce domaine que j’étais Narcisse.

Quand j’étais jeune fille, contrairement à d’autres, j’ai toujours aimé mon corps. Cela ne signifie pas que je le trouvais sans défauts, ni que je n’avais pas de complexes, mais voilà c’était comme ça.

Un jour toute jeune fille découvre avec une grande euphorie qu’elle plait, MIRACLE, ALLÉLUIA. Elle peut séduire, elle séduit !

Quand j’ai commencé à me rouler dans l’herbe. J’avais ressenti cela. Je me regardais dans le miroir, un miroir qui n’existait pas. Je me regardais dans cette posture ou dans une autre. Je me regardais à travers son regard. L’autre n’était là que pour me rendre hommage, c’était moi que je regardais.

Lorsque soudain je me surprenais en flagrant délit : je suis Narcisse !
Et je n’aimais pas ça du tout ! Je sentais bien que je n’étais pas là pour partager, pour vivre un moment de communion et d’échange. Même si être Narcisse faisait un bien fou à l’égo et au moral, dès que je m’en rendais compte, je mettais fin à la relation.
Je n’aimais pas ça, ce n’était pas ce que je voulais.

Un jour toute jeune fille découvre qu’elle plait. Cette époque dure plus ou moins longtemps, pour certaines elles ne s’arrête jamais.

Cela ne dure pas parce qu’on grandit, qu’un jour c’est un fait acquis. Puis on trouve celui à qui on veut plaire, ou qu’on a autre chose à faire dans la vie que se regarder le nombril.

vendredi 14 novembre 2014

Réflexions#2

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À côté de chez moi s’est ouvert un cabinet d’esthétique, nommé Atmosphère !
Pas très commercial comme nom ! Chaque fois que je passe devant, je pense :
Atmosphère, atmosphère est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?

Mais bon je suis sûrement la seule à avoir ce genre de référence ! La gentille dame qui a ouvert la boutique se demanderait bien de quoi je cause.

Je n’irai pas voir le film ” 50 nuances de Grey “.
Parce que le Christian que j’ai imaginé est beaucoup plus sexy, de plus il a réellement les yeux gris. En règle générale, je n’aime pas voir les films des livres que j’ai aimé (vous me suivez) aucun acteur ne vaut ceux mon cinéma perso et puis je n’aime pas qu’on zippe l’histoire pour que ça tienne en une heure.

Je trouve qu’on vulgarise tout bêtement ! On met à la portée du grand public ce qui était une œuvre d’art au départ (là je ne parle plus de 50 nuances, vous me suivez).
Ça me rappelle une réflexion d’ado dans une série : j’ai un exposé à faire sur Madame Bovary, mais la vidéo n’est pas au vidéo club ! 

Quand tout est gris, quand je broie du noir plusieurs jours d’affilé, en partant le matin, j’écoute ma playlist latino.
Mon ciel d’un seul coup devient d’un bleu pur ! Je me rappelle que la musique et la danse : OUF ! Heureusement que ça existe !

Je trouve que ça ne donne pas l’air très intelligent la clope électronique ! Les gens la garde scotchée au bec comme la pipe de Chère Loque Ole Messe

J’ai vu une vidéo sur Face de Bouc. Panne au bord de la route, Monsieur change un pneu, madame se débat avec le triangle, qu’elle essaye de déplier (je ris en me rappelant que j’étais pareille cet été). Puis au final, elle soulève sa jupe : un triangle, c’est un triangle !

Il faudrait en parler à la dame de chez Atmosphère : has been le ticket de métro, au moins le triangle peut dépanner !

J’aime bien ces nouveaux billets réflexions en vrac ! Pas vous ? Ah bon!

Référence à une chanson de Renaud

mardi 11 novembre 2014

Le gouffre

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Je ne suis pas envieuse. Pourquoi je ne sais pas, peut-être parce que je suis d’un naturel optimiste, que je me contente de ce que j’ai, je sais que rien n’est jamais acquis et je sais faire la part des choses, comme beaucoup d’entre nous.

Exemple Roger envie Charles-Edouard qui vient de s’acheter une belle voiture, puis après coup se dit : oui mais il n’est pas plus heureux pour autant, son couple bat de l’aile, j’ai la chance d’avoir une famille unie, etc..

Personne n’est parfait et on peut à un moment ou à un autre, être envieux l’espace d’un instant. Mais la part des choses, je la fais rapidement.

Certaines envient le physique d’une autre. Je m’en moque complètement, avec le temps je me suis habituée à mon enveloppe charnelle et puis je suis en bonne santé.

Certains envient la réussite de l’autre, son poste à la droite du directeur. Alors là je suis encore moins concernée je ne suis pas carriériste pour deux sous et je me moque complètement de me mettre en valeur.

D’autres envient les diplômes, la faconde, les relations. Pfft ! Ça me fatigue tout ça, rien que d’y penser !

Mais il reste le plus grand des tabous, celui que j’ai effleuré en parlant de la voiture plus haut : l’argent.

Là j’avoue aussi je me sens peu concernée. J’aimerais bien un peu plus d’argent à la fin du mois (ou que les fins de mois commencent moins tôt) mais je n’ai pas envie d’être riche. Une maison immense ? Ouh là là tout le ménage à faire ! Quoi un jardinier, une femme de ménage ? Ouh la la ça devient une entreprise avec des employés à gérer !
Une belle voiture ? Je passerai mon temps à avoir peur de la rayer, ou qu’on me la vole !

Bon bref je ne suis pas envieuse, mais ce n’est pas de cela dont je voulais parler, mais du gouffre, dont je prends conscience en prenant de l’âge (beurk)

Quand j’étais jeune fille, mes parents allaient de temps en temps dîner chez des amis d’enfance de mon père. Les amis d’Eugène avaient tous fait des écoles d’ingénieur (payantes) alors qu’Eugène s’était contenté de la fac de droit.

Quand mes parents revenaient de ces dîners Martine disait :

- On ne sent pas à l’aise. Ils parlent de leur maisons sur la côte d’Azur, Marc a acheté un yacht, Christian revend des terrains qui valent une fortune, Jean-Louis parle de ses actions en bourse ! Qu’est ce que tu veux qu’on raconte ? L’argent ça créé un gouffre !

À l’époque, je ne comprenais pas et je les “rabrouais” :
- Mais enfin si ils vous invitent c’est qu’ils vous aiment bien ! Vous n’avez pas de complexes à avoir, vous vous rabaissez !

Le fait que mes parents aient toujours eu tendance à être trop modestes est une vérité, pourtant maintenant je les comprends mieux !

Car moi aussi je ressens ce gouffre, y compris avec mes frères et sœurs.

Quand on me dit : regarde j’ai fait des travaux, j’ai repeint tout le salon !
Ah oui magnifique !
…mais je ne peux m’empêcher de penser que j’hésite à appeler le plombier pour ma fuite à la chasse d’eau, de peur d’une facture trop salée.

Nous avons acheté une petite voiture pour que la petite fasse la conduite accompagnée.
Et je me rappelle du drame que ça a été pour moi cet été de percuter un sanglier. Un drame parce que je n’avais pas d’argent pour me racheter une voiture !

On pourrait penser que ce n’est pas l’argent le gouffre, mais le manque de centres d’intérêt en commun ?

Pas vraiment : par exemple, tous voyagent régulièrement. Les voyages, j’aime ça, j’adore, j’en rêve !
Ils sont tous allés à New York et se disent : tu as vu ça, tu te rappelles de ça ?

Moi j’aimerais bien aller à New York , mais je ne peux pas. Et bien sûr je ne le dis pas, car dans ce cas on me répondra : tu devrais faire tes économies…

Je me rappelle la fois où j’avais dit que je préférais ne pas venir à l’anniversaire d’un neveu parce que je n’avais pas les moyens de faire un cadeau (en réalité une participation à la cagnotte) et on m’avait répondu : pas grave, tu ne mettras que 20 € !
Sauf que oui, je pourrais, mais j’en ai besoin pour autre chose…

La crise frappe tout le monde, y compris les salaires moyens. Dans ma tribu on me dit souvent : maintenant que tu n’as plus tes filles.
D’où vient cet étrange calcul ? Athéna est partie depuis des années, quand à Artémis, partie depuis un an, je la nourrissais certes, mais il y avait longtemps qu’elle se payait elle-même tout le reste. Bien sûr je fais des petits cadeaux à mes filles, comme tous les parents, mais d’où vient cette idée que mes dépenses auraient diminué de moitié ?

Je parle de la famille, mais il n’y a pas que là que je ressens le gouffre.
Certaines relations, certains collègues ne se rendent même pas compte de ce qu’ils disent : tiens j’ai acheté ça, c’est pas cher !
Il y a aussi ceux qui vous donnent de supers conseils : pourquoi tu ne ferais pas ça, sans se rendre compte que l’addition est un peu lourde.

Peut-être cela vient-il du fait que je ne me plains jamais.
Je préfère parler de choses gaies que de choses tristes, et puis j’entends suffisamment Martine ! Chaque fois que je vais la voir, j’ai droit aux même rengaines :
Mes impôts ont doublé, tu as vu ce qu’on paye comme gaz, et le prix de la viande, une fois que j’ai payé tout ce je dois, il ne me reste que…

Ah non merci ! Je n’ai pas envie de devenir comme  ça et de ne parler que de ça !

Oui maintenant je comprends ce que Martine voulait dire à l’époque des dîners avec les amis d’enfance. Ce n’est pas que les gens soient méchants, méprisants ou aveugles, c’est qu’ils parlent de leur préoccupation et ne se rendent même pas compte que tout le monde ne vit pas comme eux !

Je préfère cent fois parler culture, parle de choses intéressantes, mais c’est rare.

Et je me dis qu’au moins il n’y a pas de gouffre avec mes propres amis ! Si je leur dis je n’ai pas pu réparer la chasse d’eau, ils rient et passent à autre chose. Quand un d’entre nous a du mal à finir le mois, on propose du covoiturage pour économiser l’essence et on boit un coca au lieu d’un mojito en attendant des jours meilleurs…

Pas de gouffre.

mercredi 5 novembre 2014

Langage désuet

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Martine me fait toujours rire, parce qu’elle a des expressions un peu désuètes. Soit parce que l’expression en elle même est démodée, soit parce qu’elle a du mal à la prononcer, des mots qui sont arrivés tard dans sa vie ou des mots anglais.

Mes deux grand mères étaient pas mal dans leur genre aussi.

Mme Courbette qui disait que c’était très difficile à prononcer “déodorant” et qui préférait dire “désodorisant ” !

Quand à Jeanne elle a toujours eu des problèmes avec les mots anglais : un bout jean’s, une bouête de nuit !

Mais revenons à Martine :

Une bande de paye… Ne riez pas, j’ai vraiment connu les “bandes de paye”

Édéheffe (EDF)

Un scotère (scooter)

Un interro-solde (le mini relevé de compte que donne le distributeur de billet)

La première, la 2, la 3

Un rechargeur de batterie

Des water

Des pommes chips

lundi 3 novembre 2014

Réflexions

Je n’ai jamais acheté l’alcotest obligatoire pour la voiture. J’ai bien fait !

Quand j’entends un ascenseur qui parle : Rez de Chaussée, Premier étage, j’ai toujours envie de dire : Salut premier étage comment ça va ?

En revanche je n’ai jamais envie de parler à mon GPS

Il m’arrive souvent de mettre des chaussettes avec mes jupes longues, surtout quand il ne fait pas encore assez froid pour mettre un collant

Si en voiture je me retrouve derrière le camion des éboueurs, je ne rale pas, je ne klaxonne pas, je n’essaye pas de passer en force quitte à bloquer la circulation, j’attends tranquillement le moment où je pourrais doubler, et je ris de voir les autres derrière moi virer au rouge pivoine !

J’aime me lever le samedi matin quand je sais que je n’ai aucune corvée de prévue du style : aller à la poste, passer chez le cordonnier.

J’aime retirer mes mules pour marcher pieds nus dans l’herbe, même l’hiver

Je préfère cent fois manger seule le midi à la cantine que de subir une conversation ennuyeuse

Je cogite tout le temps, tout le temps. Je me torture souvent et parfois j’aimerai qu’on m’ampute le cerveau, non pas le coeur, même si il est souvent au centre de mes cogitations, non le cerveau !


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