mardi 31 mars 2015

Gagne petit

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Gagne petit ! J’adore cette expression inusité aujourd’hui.
Il y avait même à Petite Colline une mercerie qui s’appelait Au Gagne Petit, je ne savais pas ce que ça voulait dire, mais je trouvais ça joli.

J’y pense quelquefois, je me dis :

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Nous sommes des gagne petit, la preuve j’ai toujours eu de vieilles voitures. Non pas des traîne misère, ni des crève la faim.

Nous ne sommes pas nés avec une cuillère en argent dans la bouche,

Juste des gagne petit. Mais gagne petit, c’est bien, c’est mignon, nous ne rêvons pas de château en Espagne, et nous sommes déjà bien contents de gagner… petit. Et nous savons que nous ne gagnerons jamais gros, mais nous restons entre gagne petit.

Nous ne semons pas les pièces, car nous savons qu’elles ne repoussent pas. Et nous ne trouvons pas non plus d’argent sous le sabot d’un cheval, ça se saurait.

Personne ne se rue vers l’or. Non, nous sommes bien dans nos village en pierre, avec nos arbres qui nous font de l’ombre, et les concours de pétanque l’après midi.

Ils gagneront petit aussi, les gagnants du concours, qui une bouteille, qui un bloc de foie gras.

Et quand nous parlons de loto, nous gagnons petit aussi, rien à voir avec la grosse boite de jeux du bar tabac.

Non au loto du village, nous gagnons un four, une cave à vin (de quoi remplir la cave, pas la cave elle même mais ça s’appelle comme ça,). Nous gagnons un VTT pour le petit dernier. Nous gagnons petit mais nous sommes tous contents.

Et quand nous allons à l’épicerie, ou à la mercerie, nous gagnons petit aussi. Nous avons fait quelques économies sur le beurre, la crème fraîche, le café. Nous sommes contents car nous avons gagné un peu… Petit mais c’est toujours ça.

Et c’est peut être ce que voulait dire la mercerie de la promenade. Les clients gagnait petit. Et elle gagnait petit aussi, elle n’a jamais cherché à faire fortune la brave dame.

Quand j’ai lu ce livre célèbre qui parle d’une mercière, j’ai aussitôt imaginé cette mercerie.

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mercredi 25 mars 2015

Réflexions#12

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Pourquoi faut-il avoir un accent anglais pour faire la pub pour Coco ? Ridicule !

Quand j’entends la chanson “Gaston ya l’téléfon qui son”  je suis automatiquement téléportée au café du Centre, à l’intérieur, pas sur la terrasse. Pourquoi l’intérieur ? Je ne sais pas !

Ce serait drôle de dire à quelqu’un qu’on a pas vu depuis longtemps : Mais tu as trop mal vieilli ! Tu es mega moche !

Entendu dans un film, une petite fille dont les parents vont divorcer parle à son père :

- maman va être toute seule,

- oui mais moi aussi !

- les papas ne sont pas tout seuls. Ils se marient avec des mamans plus jeunes.

En ce moment j’aimerais bien y être au café du centre. Même si il pleut, même à l’intérieur. À feuilleter l”a Détresse du midi” en sirotant un panaché ou un café, mon mini PC  branché sur le Wifi.
Ces heures désoeuvrées, parfois d’ennui… On oublie à quel point elles sont précieuses, car on a pas de soucis…

mardi 24 mars 2015

Découragement suite

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J’ai du mal à rester éveillée jusqu’à 21 h30. Quand j’appelle on me dit que Martine sort tout juste du bloc mais que je dois rappeler dans un quart d’heure.

J’envoie un sms à mes sœurs, qui ne veulent pas appeler mais me bombardent de sms : alors ?

Heureusement Cédric n’est pas comme ça. Il attend les nouvelles ou m’appelle mais jamais il ne me harcèle pour savoir si j’ai appelé.

Enfin j’ai l’infirmière qui me dit que ça va, elle a été juste anesthésie, pas de coma artificiel, on lui a fait un co truc truc et elle va être sous respirateur un petit peu.

Je passe le message. Le lendemain matin j’appelle on me dit qu’elle est sous calmant, car elle a été très agitée la nuit.

Comme on dit il y a une loi de l’emmerdement maximum, voilà qu’un autre tuile me contrarie.

Dès le début j’ai appelé une des sœurs de Martine, il ne lui en reste que deux, toujours ensemble et qui habitent pas loin. L’une me dit qu’elle va faire le relais avec le reste de la famille. C’est à dire prévenir les 3 frères dont deux habitent loin. Et elles n’arrêtaient pas de me dire qu’elles allaient venir la voir… Dès qu’elle sera réveillée… Puis dès qu’elle aura sa tête.

Mes sœurs et moi commençons à être déçues d’un tel comportement, je décide de ne plus leur envoyer de sms tous les deux jours comme je le faisais. Et comme mes sœurs m’ont dit plus d’une fois : mais tu es sûre qu’elles ont prévenu les frères ? Je demande à l’autre (pas l’une) par sms si elle l’a fait !

Réponse : on ne voulait pas les alarmer ! On attend qu’elle aille mieux !

N’importe quoi ! me dit Artémis énervée ! Car nous sommes devant l’hôpital ou Artémis fume avant d’entrer.

Je réponds assez sèchement merci de les prévenir. Si faire le relais c’est prévenir leurs enfants, on s’en fout un peu, non ? D’autant plus agaçant que dans cette famille le téléphone arabe marche plutôt trop bien !

Mais bon mon ton a porté ses fruits, aujourd’hui l’autre m’a appelée son fils qui est adorable veut aller voir Martine et elles ont enfin appelé tout le monde.

Hier soir quand j’arrive à l’hôpital Artémis est là avec une infirmière. Martine est très agitée. Elle a essayé d’arracher ses tuyaux encore. Artémis lui parle pour la calmer. L’infirmière lui aurait donné un anxiolytique. Servane m’avait dit dans la journée : elle est calme quand elle dort mais dès qu’elle se réveille elle s’agite.

Ensuite je reste avec ma fille et ma mère. Elle s’endort, elle semble apaisée. Artémis a eu encore d’autres infos sur l’opération, y compris la première : tu vois on ne nous dit pas tout.

Camomille doit y aller aujourd’hui. Elle veut voir le médecin et ne partira pas tant qu’elle ne l’aura pas vu. Ils sont tous charmants gentils, mais ce ne sont jamais les mêmes et nous attendons des réponses claires.

Hier soir Cédric m’a appelée. Nous nous racontions notre découragement. Nous attendions tellement une chambre normale ! Et nous avions du mal à accepter qu’elle ne puisse pas parler. Mais bon sang où est sa tête ?

Avec Servane nous avions commencé à être inquiète avant même que le week-end.

Et si elle restait comme ça ? On nous a tant assuré qu’un coma artificiel, surtout deux jours, ne pouvait pas avoir de séquelles !

Découragement

decouragment.JPG C’est difficile de décrire la drôle de vie que je mène, que nous menons ma tribu et moi.

Nous avons éprouvé un grand soulagement, car on ne va pas dire joie, quand Martine est enfin sortie du coma, qu’elle nous parlait ou plutôt essayait, d’une voix rauque et inaudible. Nous pensions voir le bout du tunnel.

Plus de tuyau dans la bouche, même si il en restait encore dans les bras, le cou, le nez.

Mais nous trouvions inquiétant qu’elle soit aussi incohérente, et aussi agitée. Toujours en train d’essayer de se lever, d’enlever les tuyaux comme si elle n’avait pas conscience de l’endroit où elle est, et pourtant quand on lui disait : tu sais que tu es à l’hôpital, elle disait oui. Mais elle avait l’air perdu, paniqué.

Mes sœurs, ma fille, ma nièce et moi essayons toujours d’avoir des infos quand nous croisons un interne, impossible pour mon frère qui rentre trop tard. Et bien sûr nous continuons à nous envoyer des sms, à nous appeler.

J’y vais tous les soirs. Je rentre chez moi, je prends ma voiture et je repars, après être passé chercher Artémis. Vendredi Servane nous dit que Martine devrait changer de service ce week-end, qu’elle retrouvera toute sa tête dans quelques jours voire une semaine. Vu le temps qu’elle a mis à se réveiller je ne suis pas trop étonnée.

Cependant je me demande comment elle peut changer de service. Elle n’est toujours nourrie que par perfusion, elle n’a pas de force et est incapable de se faire comprendre. Qui va s’occuper d’elle dans un service normal autre que la réanimation ?

Le samedi on nous dit qu’elle est faible et fatiguée et ne partira que lundi. Artémis et moi passons notre temps à essayer de la redresser, assise elle ne tient pas et glisse, allongée elle n’est pas bien, elle a chaud, elle a froid.

Dimanche j’y vais vers 17 h avec Artémis. Martine est allongée, elle respire vite. Elle a l’air épuisée, répond à peine à nos questions.

Je n’en peux plus. Physiquement moralement, je suis à bout. Nous avons tous connu la vie d’hôpital, visiter un proche régulièrement, s’inquiéter, supporter ces odeurs, en priant pour que ça ne dure pas. Nous avons tous connu et nous savons combien c’est dur moralement, même si le plus à plaindre est le malade bien sûr.

J’admire Artémis. Elle est mon roc. Je me contente de m’asseoir et de regarder ma mère. Je n’ai plus la force de lui poser des questions, de lui parler. Artémis continue à lui poser des questions simples, à lui parler d’une voix forte : grand-mère tu es à l’hôpital mais tu dois te calmer pour guérir ! Respire lentement !

Elle qui est si peu bavarde d’habitude déploie des trésors d’imagination pour trouver des sujets. Ma fille et Jolinette, les plus fidèles au chevet de leur grand-mère, proches et complices, ont montré leur grand cœur. Nous nous moquons gentiment d’elles en disant : vous allez être infirmières, vous savez tout par cœur : elles nous montrent les écrans : la tension, le pouls.

Je suis découragée. Elle est rentrée mercredi 11 mars après l’opération, ça fait une semaine et demie de réanimation, alors qu’on observe la valse des autres chambres, où les malades restent moins d’une semaine.

À ce moment un interne vient nous voir. Il nous dit qu’ils ont remarqué son état, qu’elle s’était affaiblie. Elle devrait repasser au bloc, elle a du liquide dans le côlon. Artémis le bombarde de questions, moi j’ai les larmes aux yeux. Surtout quand il nous dit que c’est reparti pour le “tuyau” le respirateur et peut-être encore un coma artificiel…

Je lui demande tout de même pourquoi elle est en panique, pourquoi elle ne retrouve pas “sa tête”. Il explique vaguement que ce serait du à son infection, courant chez les personnes âgées.

Personne âgées ? Martine a 74 ans, et pas un seul cheveu blanc ! Et même si elle peut être totalement casse pieds, c’est une personne sensée, autonome, capable de comprendre qu’elle est à l’hôpital et qu’elle doit patienter !

Bon là je vous passe les détails, car il n’y a pas que le côlon. Autant de trucs pas vraiment graves mais qui s’accumulent, de mots savants, de solutions proposées.

Idem pour les questions incessantes que nous posons sur les résultats des examens. On ne sait pas, on a rien reçu, là c’est dimanche pas de résultats, moi je ne les ai pas, voyez l’autre équipe.

D’ailleurs depuis samedi mes sœurs m’ont bombardé de sms ” essaye de voir quelqu’un il faut dire ça et ça, c’est pas normal “.

Comment ont elles encore l’énergie de râler ? Moi je n’en peux plus ! Limite je préfèrerai qu’on ne me dise plus rien !

Je voudrais juste une pilule magique, un remède et qu’on me rende ma mère ! Autant quand elle dormait je pensais : reviens-nous ! Autant maintenant j’ai envie de dire : rendez la moi ! Rendez la moi malade, fatiguée si vous voulez, mais avec sa tête !

C’est dur de ne plus pouvoir lui parler normalement.

Après ce dur entretien, nous n’avons même pas eu le temps de rester un peu au calme avec elle. Nous la préparons, vous devez sortir. J’ai demandé à quelle heure je pouvais appeler.

Je suis à peine capable de conduire quand je repars. J’ai envoyé un sms à ma fratrie en disant que j’allais tout expliquer par téléphone.

Pendant que je conduis, Artémis appelle gentiment Camomille, Servane et Athéna. Puis nous passons chez Cédric à Ville Natale.

Nous buvons un café avec Cédric, Mariane et Coralie, échangeant nos angoisses. Comme d’habitude mes sœurs et frères comptent sur moi pour appeler l’hôpital après l’opération vers 21 h. Je ne suis pas inquiète.

J’ai des intuitions très fortes et depuis le début je sais que Martine va s’en sortir. De même que jamais je n’ai craint qu’elle n’ait un gros problème sur la table d’opération. Même malade Martine est une normande. Aussi solide que sa mère Jeanne. Elle n’a pas de problèmes cardiaques ni de problèmes respiratoires.

Ensuite j’emmène Artémis faire des courses, oui le dimanche c’est ouvert dans MaVille, car avec tout ça les frigos se vident et on ne prend même pas le temps de faire les courses.

Quand je rentre chez moi, épuisée, je trouve un mouchoir blanc noué à mon portail. Cela me réchauffe le cœur.

à suivre

mercredi 18 mars 2015

Tout doucement

Ce n’est pas facile ces moments. Même si je crois dormir la nuit, la tension nerveuse est intense. Le soir je rentre pour prendre la voiture et partir à l’hôpital. Quand je rentre, je mange vite fait n’importe quoi, j’essaye de regarder une série ou de lire quelques lignes et je m’écroule.

Nous continuons à communiquer par sms les premiers qui sont à l’hôpital écrivent aux autres. Dans la “chaîne” de sms envoyés à mes soeurs, mon frère, mes filles, se sont ajoutés mes nièces Marine et Jolinette qui me bombardaient de questions, j’ignore pourquoi eles préfèrent me poser des questions à moi qu’à leur propre mère.

Aujourd’hui j’ai pris mon après midi pour aller voir Martine et me reposer un peu.

Je suis arrivée seule au début de l’après midi. Ma maman m’a enfin reconnue et a essayé de me sourire malgré les “tuyaux” partout. Elle répond de la tête et est plus présente. Mes soeurs sont arrivées, nous étions contentes qu’elles comprenne enfin ce qu’on lui dit, qu’elle nous voit enfin.

Il y a encore des examens à passer, mais ça ne devrait plus être très long avant qu’on la mette enfin dans une chambre normale.

Mariane et  Cédric m’ont invité à manger ce soir chez eux.
J’ai du déjà le dire, je suis proche de Servane, et même si nous restons une famille soudée, jamais Cédric ou Camomille ne pensent à m’inviter, comme ça sans raison spéciale, sans fête de famille, juste parce que je suis seule.

Il faut des moments comme ça pour que les gens réalisent que c’est peut-être plus dur pour moi car je n’ai pas de conjoint. Je ne sais pas si ça durera, mais bon profitons de ces bonnes dispositions.

Je recommence à avoir des idées de billet sun peu plus gais.

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